COMMENT PRÉPARER UNE CONFÉRENCE ?

Sommaire

1. Prise de parole en public : le b.a.-ba

Comprendre votre environnement

La big idea : le message central de votre conférence

2. Préparation de votre prise de parole en 3 temps

Temps 1 : l'ouverture

Temps 2 : la construction

Temps 3 : la structure

3. Les 2 moments clés de votre conférence

L’introduction qui crée la connexion

La conclusion qui appelle à l’action

4. Les secrets d’une présence sur scène attractive

La gestuelle (les mains)
La posture (les jambes)
Les déplacements
La voix
Le regard

5. Conseils d’expert pour vous entraîner à prendre la parole

Les répétitions
La gestion du stress
Coaching prise de parole

Vous êtes invité à parler lors d’une conférence, ou bien vous organisez une conférence type Tedx pour partager votre vision en tant que dirigeant-e ou associé-e d’une entreprise.

 

Mais vous vous demandez comment  embarquer vos auditeurs, être à l’aise et authentique sur scène comme dans la vie… alors que vous êtes plutôt du genre (très) stressé-e rien qu’à l’idée de parler devant un public.

 

Ce guide est fait pour vous ! Du contenu de votre Talk à votre gestuelle sur scène, je vous partage ici mes conseils de coach en prise de parole avec des exemples concrets pour préparer votre conférence à la Tedx sans prise de tête.

 

Une salle. Un micro. Un Talk.

 

En avant - scène !

 

Conférence : parlez d’abord à votre audience !

 

Avant toute chose, lorsque vous préparez une conférence, vous devez garder en tête que vous la faites pour votre audience. Et non pour vous.

 

En d’autres termes, votre conférence Tedx doit s’adresser aux hommes et aux femmes qui vont prendre le temps de venir vous voir. Et qui attendent que vous leur appreniez quelque chose de nouveau et stimulant !

 

Sachez par ailleurs que vos auditeurs vont vous consacrer plusieurs heures de leur vie. La responsabilité vous incombe donc de rentabiliser ce temps en leur apportant de la valeur !

 

Je vous invite à réaliser un calcul tout simple. Prenez une calculatrice et multipliez le nombre de minutes de votre temps de parole (15, 20, 40 minutes) par le nombre de personnes qui seront présentes (50, 200, 3000). Puis divisez le résultat par 60.

 

Vous obtenez le nombre d’heures d’attention que votre audience est prête à vous consacrer.

 

Vous avez la responsabilité d’en faire des heures passionnantes. Car n’oubliez pas que votre audience est là pour vivre un moment à part, un moment qui peut transformer sa vision du monde ou d’elle-même. Et, ainsi, changer sa façon d’agir. Vous ne devez pas lui faire perdre son temps.

 

Là est donc votre objectif. Et avec un tel objectif en tête, je vous assure que vous êtes sur le bon chemin pour rédiger une prise de parole mémorable.

Prise de parole en public : le b.a.-ba

Sachez qu'une conférence réussie est une conférence parfaitement préparée. Alors au travail !

 

1ère étape : comprendre votre environnement

 

Avant de commencer à rédiger votre prise de parole, vous devez avoir une idée précise de l’environnement dans lequel vous allez prendre la parole. Pour cela, vous devez savoir qui sont vos auditeurs, et connaître la salle où vous allez vous exprimer.

 

Connaître votre audience

 

Pour vous adresser de la bonne façon et créer une connexion avec votre audience, il est indispensable que vous sachiez qui vous aurez en face de vous.

 

En effet, on ne transforme pas quelqu’un sans le comprendre !

 

Commencez par noter de 1 à 10 le niveau de connaissance que vos auditeurs ont sur le sujet que vous allez aborder. Serez-vous face à des experts ou à un public généraliste ?

 

Puis notez de 1 à 10 son niveau d’implication. En effet, si vous parlez de cancer à des cancérologues, alors votre auditoire sera plus impliqué que si vous vous adressez à des adolescents.

 

Enfin, notez de 1 à 10 le niveau de concentration de votre audience. Aura-t-elle passé sa journée à écouter 10 discours avant vous ? Ou bien se sera-t-elle déplacée spécialement pour vous ?

 

Gardez ces 3 notes en face de vous en rédigeant votre prise de parole. On ne parle pas de la même manière à une audience plus ou moins concentrée et impliquée.

 

Une fois ces informations notées, je vous propose d’entrer encore plus dans la sphère de vos auditeurs en pensant à une personne que vous connaissez et qui ressemble à votre public. Ce peut être un proche, un ami, un collègue, un voisin dont le profil correspond à celui des membres de votre audience.

 

Pour vous donner un exemple, mon audience à moi c’est mon oncle Éric, dirigeant d’une PME dont l’âge et les centres d’intérêt sont proches des personnes que je retrouve lors de mes conférences.

 

En pensant à votre “persona” pendant la préparation de votre texte, il sera plus facile pour vous de personnaliser votre message. Vous saurez quoi dire et comment le dire pour mieux capter l’attention du public.

 

Connaître la salle où vous allez prendre la parole

 

Vous allez être dans une situation inconfortable, seul-e sur scène, face à des personnes que vous ne connaissez pas, entouré-e de lumières parfois aveuglantes.

 

C’est pourquoi avoir une idée précise de l’environnement dans lequel votre prise de parole va se passer vous aidera énormément.

 

Ne préparez donc pas seulement votre pitch mais aussi votre corps et votre esprit à sortir de votre zone de confort. Pour cela, je vous conseille d’envoyer un mail à l’organisateur de la conférence pour lui poser les questions suivantes :

  • Comment la scène est-elle éclairée ? Est-ce que je verrai le public ou sera-t-il plongé dans le noir ?​

 

Demandez si possible une photo de la scène et l’emplacement des lumières afin d’éviter d’être surpris-e le jour J.

  • Par où est-ce que j’entrerai et sortirai de scène ?

 

Même s’il est courant d’entrer à droite et de sortir à gauche, vérifiez ce point. Il est en effet important de soigner votre sortie en évitant de la chercher, ce qui aurait pour conséquence de diminuer l’impact de votre conclusion.

 

  • Pouvez-vous m’envoyer une photo de la salle ?

 

Visualiser la salle en ayant des éléments visuels concrets va vous aider à vous projeter plus facilement et vous rassurer.

 

  • Y a-t-il un timer visible pendant mon discours ?

 

Si vous pouvez voir le temps défiler, il sera plus simple pour vous de contrôler la durée de votre Talk. A défaut, entraînez-vous en vous chronométrant afin de bien respecter le temps qui vous est imparti.

 

  • Dans quel micro est-ce que je parlerai : micro-main ou micro-cravate ?

 

Si c’est un micro-main, entraînez-vous en prenant un verre d’eau à la main dans lequel vous “déverserez” vos paroles pendant vos répétitions.

 

Par ailleurs, si vous prévoyez de projeter des visuels pendant votre conférence, pensez à demander :

 

  • S’il y a un retour de slides ?

 

Il est en effet important que vous sachiez si vous aurez à regarder vos slides ou pas. Auquel cas, vous devrez parfaitement bien les connaître pour éviter de vous retourner sans cesse, au risque de perdre la connexion avec votre public.

Et demandez les dimensions de l’écran ou seront projetées vos slides.

 

Vous éviterez ainsi la projection sur l’écran de textes trop grands ou trop petits.

 

Enfin, concluez votre mail avec une question ouverte telle que :

 

  • Y a-t-il d’autres informations que je dois savoir et/ou que vous jugez importantes ?

 

Cela vous permettra d’éviter certaines surprises.

 

Toutes ces informations sont importantes car elles vont vous permettre d’être au plus près de la réalité lors de vos répétitions. Prenez donc le temps de rédiger votre mail et prenez bien en compte les réponses de l’organisateur.

 

2ème étape : la BIG IDEA

 

Vous connaissez désormais votre audience et avez une vision claire de la salle où vous allez prendre la parole.

 

Il vous reste une dernière chose essentielle à travailler avant de passer à la rédaction de votre Talk : trouver la BIG IDEA, le message central qui va faire de votre conférence un moment qu’on n’oublie pas car c’est ce message que l’audience vient chercher.

 

Pour définir votre BIG IDEA, je demande toujours à mes coachés de se poser cette question : quelle grande idée voulez-vous que vos auditeurs retiennent à la fin de votre Talk ?

 

Notez qu’une Grande Idée doit respecter 3 critères essentiels :

  1. Elle doit apporter une vraie valeur à votre audience.

  2. Générer des émotions (surprise, joie, peur…).

  3. Vous devez être fortement intéressé.e/passioné.e par votre message

 

Quand vous pensez avoir votre BIG IDEA, écrivez-la en gros sur une feuille et demandez-vous si “Éric”, le membre type de votre audience, aura vraiment envie d’assister à votre conférence après avoir entendu votre Grande Idée. Est-ce qu’elle va changer sa façon de voir le monde et donc d’agir ? 

 

N’hésitez pas à l’appeler pour en avoir le cœur si vous le pouvez !

 

Tant que toutes les réponses à ces questions ne sont pas OUI et que les 3 critères ne sont pas respectés, continuez de chercher.

 

Trouver votre BIG IDEA peut vous prendre plusieurs jours. Prenez votre temps pour la rédiger car c’est le pilier de votre prise de parole, la destination finale de votre audience. 

 

Pour mieux comprendre, voici un exemple de travail que nous avons réalisé avec l’un de mes coachés, dirigeant d’un grand cabinet d’architecture qui est arrivé vers moi en me disant : “J’ai envie de montrer au public notre travail d’architecte, notre vision de l’espace, de la lumière et à quoi ressembleront les immeubles de demain”.

 

Or, ceci n’est pas une BIG IDEA. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’elle n’apporte pas de valeur ajoutée à l’audience et ne génère aucune émotion.

 

Nous avons alors orienté le sujet de la conférence sur la lumière (c’est ce qui était le plus intéressant pour l’audience et passionné mon client), et notamment sur l’impact que celle-ci peut avoir sur l’humeur.

 

A la fin de la conférence, les auditeurs sont repartis avec “ Une vision différente de ce que représente la lumière et comment ils peuvent moduler l’atmosphère d’un salon, d’une chambre d’enfant… selon l’humeur qu’ils souhaitent y ressentir”.

Les 3 temps de préparation de votre conférence

Maintenant que vous avez votre BIG IDEA, il est temps de passer à la création du contenu de votre conférence qui va se dérouler en 3 temps : l’ouverture, la construction et la structure.

 

Temps 1 : l’ouverture

 

L’ouverture est le premier temps de préparation de votre contenu. Elle se divise en 4 étapes.

 

1ère étape : le brainstorming

 

Commencez par écrire tout ce que vous avez en tête en rapport avec votre Grande Idée. Statistiques, anecdotes, lectures, images, faits historiques, métaphores… Notez tout ce qui vous vient à l’esprit, videz votre cerveau. C’est le temps de l’ouverture.

 

Surtout écrivez tout, ne vous censurez pas ! Lâchez-vous vraiment, ne sélectionnez pas vos idées et ne les jugez pas. Car une idée qui pourrait vous sembler mauvaise au départ peut vous faire rebondir sur une bonne idée.

 

Le cerveau est bien plus créatif lorsqu’on le libère du jugement, du bien ou du mal. Si vous jugez ce que vous écrivez, vous risquez de manquer des infos intéressantes pour votre conférence.

 

Générez donc un maximum de contenu. De toute façon, votre audience n’en saura rien puisqu’il s’agit de vos notes.

 

2ème étape : le grand regroupement

 

Une fois toutes vos idées notées, prenez des feutres de couleur et regroupez celles qui peuvent être classées dans une même catégorie. Donnez ensuite un titre à chaque catégorie.

 

Vous pouvez par exemple regrouper sous un même titre une statistique, une histoire vécue, un fait qui vous a été rapporté, qui appartiennent à la même idée, et donc au même titre.

 

Si certaines idées restent inclassables, alors abandonnez-les. En effet, une information seule ne constitue pas une branche d’arbre suffisamment solide sur laquelle se poser. On peut donc considérer que ces idées restées seules ne sont pas suffisamment liées à votre prise de parole.

 

3ème étape : la sélection

 

Lisez ensuite à voix haute les titres et informations regroupées, et classez-les dans l’une des 3 catégories suivantes :


1ère catégorie : mettez les idées que vous aimez et qui vont intéresser votre audience.

2ème catégorie : placez-y les idées que vous adorez mais qui ne sont pas vraiment liées à votre Grande Idée.

 

3ème catégorie : notez les idées que vous aimez le moins mais qui sont nécessaires pour avancer vers votre Grande Idée. Il s’agit ici d’informations importantes que votre public doit connaître pour tout comprendre.

 

Conservez les 1ère et 3ème catégories, et éliminez la seconde.

 

4ème étape : la pause

 

Relisez vos titres et les informations regroupées par catégorie. Il se peut que de nouvelles idées propres à chaque titre vous viennent en tête. Ajoutez-les. 

 

Vous avez à présent face à vous des informations regroupées autour de titres qui convergent toutes vers votre BIG IDEA. Vous pouvez maintenant passer en toute sérénité au second temps de la préparation de votre conférence.

 

Temps 2 : la construction

 

La construction est le temps où vous allez créer un lien logique entre vos titres en gardant en tête votre BIG IDEA. Cet exercice vous aidera à organiser l’histoire de votre Talk.

 

Mes conseils pour cette étape :

 

Faites simple. Liez vos titres à l’aide de mots de liaison courts et simples tels que “Donc”, “Voilà pourquoi” ou bien “En plus”.

 

Évitez les liaisons compliquées comme “En revanche”, “Par contre”, ou encore “Mais 6 mois après, je me suis aperçu que”… Ce sont des mots de liaison d'opposition qui accentuent la complexité de votre raisonnement et nuisent donc à sa compréhension.

 

Plus votre raisonnement est fluide, plus il aura d’impact car il permettra à votre audience d'avancer sans effort vers votre expertise. Votre discours en sera d’autant plus impactant.

 

Imagez vos propos. Si vous avez des statistiques, des faits historiques, des moments de votre vie à raconter, prenez le temps de les imager. Vous rendrez ainsi vos exemples plus vivants et votre audience se plongera plus facilement dans l’histoire que vous racontez.

 

Par exemple, au lieu de dire :

 

“Le Ghana cultive 19,7% du cacao mondial”

 

Racontez :

 

“Le Ghana est un pays magnifique mais très humide. Vous sortez de votre chambre, vous transpirez immédiatement. Mais c’est grâce à ce climat que vous pouvez manger de délicieux chocolats. Dès que vous en mangez un, dites-vous qu’il y a 1 chance sur 5 pour que le cacao provienne du Ghana. Le pays où il faut suer pour avoir du bon cacao !”.

 

Donnez une émotion à vos titres.

 

En donnant un nom à l’émotion correspondant à chaque titres, vous anticipez ce que vous souhaitez faire ressentir à votre public. Je vous conseille de regarder la définition de chaque émotion et ses synonymes. Cela vous aidera à trouver la bonne émotion à faire passer.

 

Car un message sans émotion, c’est comme un ananas sans couronne : on a moins envie de le regarder !

 

En prenant conscience que vous devez délivrer telle ou telle émotion (rage, ténacité, exubérance, surprise, etc.), votre corps et votre voix vont naturellement s’adapter pour mieux la transmettre.

 

A présent, chaque titre est relié à un autre de façon logique, vous avez des points imagés et des émotions pour chacun d’eux. Vous pouvez passer au dernier temps de la préparation de votre prise de parole, à savoir la structure.

 

Temps 3 : la structure

 

Cette étape n’est pas toujours nécessaire.

 

Si vous avez correctement lié vos titres entre eux, que votre prise de parole est claire et qu’elle amène à votre message central, alors vous pouvez passer cette étape.

 

Mais si vous sentez que ce n’est pas le cas, que vous avez des difficultés à lier certains titres entre eux, alors elle est nécessaire.

 

Structurer votre Talk va en effet vous permettre de filtrer naturellement vos titres et, ainsi, voir ceux que vous devez supprimer. La force de la structure est aussi un bon moyen d’avoir encore plus d’idées créatives.

 

Remarque : j’ai conscience que  ne pas partager tout votre savoir à votre audience peut être frustrant. Or, un bon communicant est celui qui sait ce qu'il ne doit pas dire.

 

Il existe autant de structures que de prises de parole. Il m’est donc compliqué de toutes vous les présenter. Malgré tout, voici les 3 structures que l’on rencontre le plus souvent.

 

POUR ALLER PLUS LOIN > créons ensemble une structure personnalisée pour votre conférence

 

La structure temporelle

 

Ici, vous racontez votre histoire en vous servant du temps comme fil rouge. Ce type de structure est idéal pour celles et ceux dont la carrière a été marquée par des temps forts qui ont forgé leur vision, leur grande idée. Attention toutefois à focaliser l’attention sur vos découvertes et non sur vous.

 

Exemple : “Tout a commencé il y a 10 ans, quand l’un de mes patients m’a dit que… Puis en 2017, je suis devenu un accro de la géologie…. Deux ans après, j’ai vu une image sur mon microscope qui a changé ma vision. Aujourd’hui, je sais que les roches ressentent des émotions.”

 

La structure en entonnoir

 

La structure en entonnoir est une structure classique mais très efficace pour amener l’audience à s’intéresser à un sujet très particulier. Elle est parfaite pour les experts s’adressant à un public généraliste.

 

Commencez par présenter le contexte qui montre en quoi votre sujet est important.

 

Puis descendez dans l’entonnoir en mettant en avant un élément particulier de ce contexte, qui a un impact sur son environnement.

 

L’entonnoir rétrécissant de plus en plus, vous faites découvrir aux spectateurs que la vision ou la connaissance qu’ils avaient jusqu’à présent est fausse.

 

Enfin, vous amenez votre audience à regarder la nouvelle réalité avec une juste connaissance de cet élément bien particulier.

 

La structure Storytelling

 

Cette structure requiert de la créativité. Ici, vous racontez du début à la fin une histoire fictive dont le personnage principal ressemble aux membres de votre audience, avec les connaissances qu’elle a de votre sujet.

 

Au fur et à mesure de votre histoire, ce personnage fait des découvertes (qui ne sont autres que les vôtres), et passe des étapes qui le mènent à votre vision, votre Grande Idée.

 

Si par exemple, vous avez une PME dans le digital, vous digitalisez les dossiers de vos clients pour leur faire faire des économies. Ce discours, particulièrement ennuyeux, sera mieux perçu en Storytelling en le racontant de cette manière : “C’est l’histoire de Damien qui se rend compte pendant ses études d’Ingénieur que ceci… et qu’il adore cela… Il découvre qu’un document PDF ne fait pas l’affaire pour… Il a alors l’idée de créer…”.

 

En mettant des rebondissements dans votre histoire, vous capterez bien mieux l’attention du public.

 

La structure Storytelling est idéale pour les pitcheurs qui ne veulent pas mêler leur ego à la découverte, qui souhaitent mettre en avant le côté magique de leur BIG IDEA. N’hésitez pas à lire Le voyage du héros de Joseph Campbell pour vous inspirer.

 

Chaque structure a ses particularités. Aucune n’est mieux que l’autre. Le plus important est d’en choisir une afin de choisir celle qui permettra à notre message central d'être mémorable.

 

Vous avez désormais une structure avec des titres, des informations simples, claires et émotives qui vont vous permettre d’aller vers votre Grande Idée et changer la vision du monde de votre audience.

 

Il ne vous reste plus qu’à rédiger l’introduction et la conclusion.

Les 2 moments-clés de votre conférence

L’introduction qui crée la connexion

 

L’introduction est une étape essentielle. C’est la première impression que vous allez donner à votre audience. Le moment où elle va décider si elle vous écoute ou pas. Il est donc très important de bien la préparer. Je vous conseille de la rédiger à la fin de votre préparation pour avoir plus de recul.

 

L’objectif de l’introduction n’est pas d’attirer l’attention. Car l’attention disparait vite. L’objectif est de créer une connexion qui, elle, va durer.

 

En effet, à l’image d’une prise branchée ou d’un aimant posé sur une porte de frigo, la connexion reste. L’idée ici est de dire à votre audience : “ Montez dans ma voiture. Je vous emmène faire un beau voyage !”.

 

Le genre d’introduction à éviter absolument

 

L’introduction de présentation : “Bonjour, je suis Monsieur Bernard, dirigeant de la société Monade spécialisée dans la…”. On ne vous écoute déjà plus. Ne commencez pas à parler de vous, on veut de la connexion !

 

L’introduction de l’ego : “J’ai eu la chance de vivre des aventures qui ont changé ma vie et ma façon de voir les choses, et j’aimerais vous les partager”. Là, on comprend que vous allez parler de vous pendant 20 minutes et que vous pensez être supérieur à nous. En vous mettant au-dessus de votre audience, vous perdez la connexion.

 

L’introduction conclusion : “Aujourd’hui, je vais vous montrer que l’hydrogène est l’énergie de demain et pourquoi”. Là, on sait déjà où vous voulez nous emmener, alors pourquoi se fatiguerait-on à vous écouter alors que vous nous avez tout dit ?

 

Pour créer la connexion, vous pouvez utiliser l’humour, montrer votre fragilité, votre ressemblance avec votre public, lancer une information Waouh en lien avec votre Grande Idée, parler de votre propre humanité, faire participer votre audience dès le départ avec une question simple.

 

Le plus important est de toujours garder en tête votre objectif : créer une connexion forte avec votre audience dès l’introduction.

 

La conclusion qui appelle à l’action

 

S’il y a bien une chose à apprendre par cœur dans votre pitch, c’est la conclusion. En effet, c’est la cerise finale sur le gâteau, et ne doit donc en aucun cas être bâclée.

 

Par ailleurs, elle peut faire office de bouée de sauvetage si, pendant votre conférence, vous sentez que vous avez décroché de votre texte et/ou que le temps a tourné plus vite que prévu. Vous pourrez alors toujours vous raccrocher à votre conclusion.

 

Ne concluez jamais une conférence avec le mot “Voilà”. "Voilà" n'est pas une conclusion.

 

La conclusion de votre conférence est très souvent le moment où vous révélez votre Grande Idée. Elle a donc un impact fort sur votre audience. Vous pouvez conclure en mettant en avant cet impact, en lançant un appel à l’action ou en partageant votre vision du futur ou en attirant le regard sur un autre sujet sur lequel vos auditeurs pourront réfléchir une fois rentrés chez eux. 

 

L’objectif de la conclusion est de dire : “Voilà où je vous ai emmenés et voilà comment cela vous impacte” ou bien “Voilà où je vous ai emmenés et voilà à présent ce que vous pouvez faire pour aller plus loin”.

 

Si l’on reprend l’exemple de l’architecte, sa conclusion a été la suivante : “La lumière est un outil magique qui, une fois manipulé, peut vous permettre de vous sentir apaisé, agité ou anxieux. C'est un outil et, comme tout outil, il doit être mis entre les mains de ceux qui souhaitent l'utiliser pour faire le bien autour d'eux. On m'a appris à prendre la lumière dans ma main et à la manipuler comme de la pâte à modeler. Prenez, vous aussi, cette pâte à modeler. Et, ensemble, créons un futur apaisé.”

 

Vous l’aurez compris, lancer un appel à l’action, c’est un peu comme dire : “Je vous ai emmenés là, voilà ce que vous pouvez faire. Telle action aura tel impact sur votre vie ou sur le monde.” Votre Grande Idée sera alors gravée à jamais dans la mémoire de vos auditeurs qui penseront à vous lorsqu’ils passeront à l’acte.

 

Après avoir conclu, laissez un silence et dites “Merci” à votre audience. Ce "merci" est important car il témoigne du respect mutuel entre votre audience et vous. Vous la remerciez de l'attention qu'elle vous a généreusement donnée.

Être à l'aise sur scène

 

“Je fais quoi de mes mains ?”

 

“Où dois-je me placer sur scène ?”

 

“Où regarder ?”

 

Toutes ces questions, on me les pose souvent et voici mes réponses :)

 

Vous êtes qui vous êtes, vous avez votre façon de parler, de marcher, de bouger et c’est génial. Surtout, ne changez rien, ne cherchez pas à copier les autres parce que votre audience verra que vous n’êtes pas authentique.

 

En revanche, ne vous mettez pas de barrières qui vous empêcheraient de parler, marcher, bouger comme vous avez l’habitude de le faire. La scène a souvent ce défaut d’inhiber les personnalités, ne la laissez pas gagner sur ce terrain. Voici quelques conseils pour gagner ce combat.

 

La gestuelle (les mains)

 

Si vous trouvez bizarre de mettre vos mains le long de votre corps, c’est justement parce que… c’est bizarre ! Embarquez vos mains dans votre discours, elles sont là pour mettre en avant vos messages et vous permettre de gérer vos expirations.

 

Par exemple, lorsque vous faites un mouvement de main vers l’avant, vous expirez et votre voix monte naturellement.

 

Lorsque vous voulez englober une situation, dites-le en faisant un large mouvement des mains.

 

Pour soulever un point important, ou montrer que vous n’êtes pas content, serrez le point.

 

Laissez vos mains “gambader” sur vos messages. Ne les emprisonnez pas dans vos poches, ne les tenez pas fermement les unes aux autres, ne les cachez pas derrière votre dos. L’impact de votre discours en sera d’autant plus fort.

 

La posture (les jambes)

 

Servez-vous de vos jambes comme d’un outil pour mettre en avant vos messages.

 

Ne vous balancez pas d'une jambe sur l’autre, évitez de parcourir la scène de gauche à droite.

 

Lorsque vous délivrez une information importante, avancez-vous vers le public. Un seul pas suffit pour appuyer votre propos.

 

Quand vous racontez une histoire, une anecdote longue et personnelle, mettez-vous en marche comme si vous reviviez ce moment.

 

Pour ancrer une idée forte dans la mémoire des auditeurs, ancrez-vous au sol.

 

Vos jambes vous permettent d’être en contrôle. Ne les négligez pas.

 

POUR ALLER PLUS LOIN > recevez mes conseils vidéos par mail !

 

Astuces

 

Le regard est naturellement attiré par le centre et la droite. Lorsque vous vous déplacez, mettez-vous donc au centre ou à droite de la scène. Ne vous placez jamais à gauche car cela va demander un effort à votre audience pour vous regarder.

 

La voix

 

La voix est très importante car c’est en parlant naturellement que vous réussirez à créer une connexion avec le public. On ne se connecte pas avec quelqu’un qui n’est pas naturel.

 

Alors entraînez-vous. Mettez-vous en condition et enregistrez-vous. Il y a de fortes chances que votre voix vous paraisse plus aigüe ou moins mélodieuse que d’habitude, avec moins d’intonation.

 

En effet, en vous enregistrant, votre cerveau se met en situation. Il imagine une audience et se projette dans une situation stressante. Or, ce stress impacte votre voix.

 

Pour remédier à ce problème, pensez à votre oncle “Éric” (vous savez, le membre de votre audience) et parlez-lui. Vous le connaissez bien après tout, lui parler va vous permettre de conserver votre voix naturelle et, ainsi, faciliter la création d'un lien fort avec votre audience.

 

Le regard

 

Regarder les gens dans les yeux permet de créer une connexion en générant une sympathie naturelle.

 

Il n’y a en effet rien de pire que de parler à quelqu’un qui ne nous regarde pas et/ou d’écouter quelqu’un qui ne nous regarde pas.

 

Pendant votre conférence, veillez donc à regarder 4-5 personnes réparties à différents endroits dans la salle. Il en va de votre connexion avec le public.

2 conseils bonus pour préparer une conférence

Les répétitions

 

La répétition ne doit pas se faire au détriment de votre authenticité. N’oubliez jamais que votre audience n’est pas là pour vous écouter réciter votre texte, mais pour vivre une expérience.

 

Je vois trop régulièrement des dirigeants réciter au lieu de vivre leur récit. Or, vous devez vivre votre message pour que votre audience le vive aussi. Veillez donc à ce que vos répétitions ne vous fassent pas perdre de votre naturel.

 

L’objectif des répétitions est de vous sentir prêt à “vivre” intensément les 15, 20, 30 minutes de votre prise de parole en public.

 

A l’issue de vos répétitions, vous devez être en mesure de répéter votre discours en faisant une autre activité (cuisiner, écrire un mail, écouter une musique). Vous pouvez aussi vous entraîner à réciter votre texte à l’envers, en partant de la conclusion pour remonter à l’introduction.

 

Le jour où vous réalisez ces exercices de manière naturelle, alors vous êtes prêt-e à monter sur scène !

 

La gestion du stress

 

Imaginez que je vous mette à la place du pilote dans un Airbus A320 en plein décollage et que je vous dise "A ton tour de piloter, il y a 340 passagers à bord". Il y a de fortes chances pour que votre rythme cardiaque s’accélère, que vos mains soient moites et votre visage en sueur (vous risquez même de hurler).

 

Imaginez à présent qu’avant de monter dans l’Airbus, je vous fasse faire des exercices de respiration dignes d’un maître de Yoga, des exercices de visualisation qui rendraient jaloux un hypnotiseur. Après cela, je vous remets à la place du pilote… et il se passera certainement la même chose.

 

Car non, le stress ne s’élimine pas avec les exercices de respiration que vous trouvez sur YouTube. La seule chose qui combat le stress, c’est la connaissance.

 

Retournons dans notre avion une dernière fois. A présent, je vous ai payé une formation de pilote de ligne, vous l’avez suivie pendant 3 ans, vous savez faire décoller un avion sans problème, vous l’avez fait de nombreuses fois. Lorsque vous vous placez à la place du pilote, vos mains ne sont pas moites, votre cœur bat peut-être un petit peu plus vite que la moyenne mais vous ne criez certainement pas. Pourquoi ? Parce que vous savez piloter un avion. Vous avez cette connaissance.

 

En apprenant à parler en public et en vous préparant, vous éliminez votre stress. Ce n’est pas une méthode, c’est une réalité. Alors préparez-vous :)

 

Sur ce, je vous souhaite une très bonne conférence. Et surtout, prenez plaisir !


 

 
 
 
 
 
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