• Ruben Perez

Savoir écouter


Écouter, c’est désirer apprendre de l’autre.

C’est sur cette base que l’écoute peut exister. Ecouter, c’est donc avouer son ignorance, on ne peut qu'ignorer ce que l’on apprend. Écouter, C’est donc s’abaisser devant son interlocuteur, prendre le rôle de l'élève devant son professeur. Tels est le prix de

l'apprentissage et peu de personnes sont prêtes à le payer, rendant l’écoute une denrée rare dans nos discussions du quotidien.


Et pourtant, les bénéfices sont nombreux :

  1. Apprendre quelque chose de nouveau.

  2. Se rendre appréciable face à mon interlocuteur.

  3. Renforcer la qualité des informations transmises (quand quelqu'un nous écoute, on soigne sa prise de parole)

  4. Renforcer l’écoute de mon interlocuteur (car, par effet miroir, celui-ci sera également plus à l’écoute de mes propos)

  5. Saisir rapidement la personnalité de mon interlocuteur.


En fait, avouer son ignorance, ce n’est pas s’abaisser en face de à l’autre, c’est l’élever au-dessus de soi puis le rejoindre. L’écoute, c’est ce trajet qui lie l’ignorance à la connaissance.


On dit qu’il faut faire un effort pour écouter. Mais en réalité, l’effort est surtout réalisé par celui qui parle. C’est à lui de nous éduquer avec des propos claires et bien structurés, l’autre n’a qu'à recevoir. L'océan ne fait aucun effort lorsque la rivière le rejoint.


C’est justement cette absence d’effort de notre part qui rend l’écoute difficile. Nous sommes, comme un enfant agité, incapables de nous arrêter quelques instant pour regarder les mouvements des autres et les comprendre. L'écoute c'est l'effort de ne pas en faire.


Comme le dit un proverbe que je viens de d’inventer: « Sous la tempête, l’océan n’écoute pas le poisson qui lui parle. »